Actualité


★ La police a encore tué, cette fois aux Etats-unis.

publié le : 01-06-2020 par Secrétariat aux relations extérieures

Le meurtre policier perpétré contre Georges Floyd le 25 mai 2020 est une illustration terrible des actions de la police de par le monde. Le permis de tué entre leurs mains est régulièrement mis en pratique contre les plus pauvres, les plus stigmatisés.

Mais les choses changent : aujourd’hui, les populations peuvent filmer, et même en direct ces horreurs. C’est d’ailleurs le cas de la mort de Geoges Floyd qui entraîne du coup un soulèvement énorme aux USA. N’arrêtons pas de filmer, de documenter et de dénoncer les exactions de la police !

Il est important de rappeler que la police se sert des même « techniques » en France et que de nombreuses personnes sont décédé.es suite à des contrôles durant le confinement et avant. Comment ne pas relier le meurtre de Georges Floyd à la mort d’Adama Traoré, victime de la technique du placage ventral ?
Depuis toujours la police ne sert qu’a protéger le Capitale, l’État, les Bourgeois et les Possédants et à écraser toute contestation qu’elle vienne de manifestations, des quartiers populaires ou des mouvements sociaux et syndicaux.

La fédération anarchiste tiens à apporter son soutien aux manifestants et dénonce les violences policières qui sont en cours partout dans le monde (Etats unis, Chili,Hong Kong ,France, …).

Nous devons nous passer de la police ! Nous devons repenser notre société pour qu’un corps d’État ne puisse plus jamais avoir la légitimité de tuer et être couvert.

Les Relations Internationales et les Relations Extérieures de la Fédération Anarchiste


★ Journée mondiale « des réfugié.e.s » 2020 : pour ne plus nier !

publié le : 19-06-2020 par Secrétariat aux relations extérieures

Samedi 20 juin est une nouvelle journée de mobilisation en solidarité avec les réfugié.e.s.*
Des rassemblements, des manifestations auront lieu en soutien et pour exiger la fin de la haine contre les réfugié.e.s.

Le Haut-Commissariat aux Réfugié.e.s de l’ONU (HCR) nous rappelle que 79,5 millions de personnes sont déplacées de force dans le monde. Ce chiffre, nous le savons, est minoré car des pays ne donnent pas le nombre de déraciné.e.s en leur sein, comme la Chine par exemple.

Plus des deux tiers des réfugié.e.s sont originaires de Syrie, du Venezuela, d’Afghanistan, du Soudan du Sud et du Myanmar. Des pays rongés par la misère, la guerre, la haine. Des pays souvent théâtres des guerres déportées entre grandes puissances (USA, Europe, Russie, Chine).

Le changement climatique, qui n’existe toujours pas pour certains et certaines, amène au déplacement contraint de populations. Rien que cette année, c’est plusieurs millions de personnes qui ont été directement impactées par la sécheresse, la montée des eaux ou les pluies diluviennes.

Face à cela, nous avons des pays qui se recroquevillent sur eux-mêmes, qui ferment leurs frontières, qui excluent les réfugié.e.s, les chassent, les enferment, les emprisonnent, les criminalisent, les laissent se noyer dans la mer, le tout avec la collaboration des forces répressives, flics, garde-côtes et militaires. C’est le cas de l’Europe et de la France en particulier.

Certains pays négocient même le fait de faire enfermer des réfugié.e.s dans des camps au sein d’un pays limitrophe, à coup de milliards « d’aide » versées. C’est le choix de l’UE avec la Turquie.  D’autres les « parquent » sur des îles (Grèce, Australie…). Les gouvernants débordent d’imagination lorsqu’il s’agit d’exclure et d’humilier !

Nous savons aussi que des êtres humains, sans attendre les ordre d’États, savent humilier, exploiter. Nous avons vu des réfugié.e.s vendu.e.s sur des marchés en Libye comme esclaves, encore récemment.

Nous affirmons haut et fort que nous luttons pour la destructions des CRA (Centre de Rétention Administrative) et toutes les structures d’enfermement, de contrôle.
Nous luttons pour l’accès à la santé et à l’éducation gratuites pour toutes et tous.
Nous ferons tout pour arrêter les expulsions des squats et autre lieu de vie et nous luttons pour un logement décent pour toutes et tous.
Pour la régularisation (faute de mieux) de toutes et tous, ici, là-bas, ailleurs dès maintenant. Nulle n’est étranger nulle part.
Pour la liberté de circulation.

Si nous luttons pour le droit de vivre librement pour toutes et tous sur le Globe, il nous paraît évident que nous devrons aller encore plus loin, aux racines, pour stopper ces déplacements forcés. Les guerres, le capitalisme, les nationalismes, les haines, les pouvoirs, les frontières et donc les nations sont autant de choses qui doivent disparaître pour qu’un jour les humains et humaines soient libres de vivre, où ils et elles veulent, comme ils et elles le souhaitent.

Nous appelons à participer massivement aux rassemblements du 20 janvier partout en France, et au-delà à être en lutte avec celles et ceux qui ne demandent que le droit de vivre.

Notre patrie c’est le monde, notre loi la liberté.
Vive l’anarchie !

Les relations extérieures de la Fédération Anarchiste

* : Ce texte prend le parti d’appeler toute personne en mouvement forcé « réfugié.e », le terme migrant étant déjà une façon de rejeter celles et ceux qui cherchent refuge.


Tuons le racisme et ses causes !

Les marches et manifestations contre les violences policières et le racisme, partout dans le monde, sont une excellente nouvelle pour nous, anarchistes. Nous y prenons notre part, et nous serons toujours aux côtés des luttes qui ouvrent la voie à des individu.e.s toujours plus libres et un monde débarrassé des horreurs du passé.

Nous ne pouvons qu’apprécier de voir pointées du doigt les forces de police, pilier répressif des États.

La police française ne fait pas exception : elle a toujours suivi les ordres, de Vichy en passant par le massacre de Charonne, des arrestations au faciès aux expulsions des réfugié.e.s, de la répression aveugle au harcèlement de certaines populations. La police, loin de « protéger les citoyens », comme le prétend un mythe républicain et étatique malheureusement trop répandu, a une seule fonction essentielle : protéger l’État, les institutions, la marchandise, la valeur, le capitalisme.

La récente infiltration de l’extrême-droite dans les rangs de la police ou des « mauvais donneurs d’ordre » sont des raisons très clairement insuffisantes pour expliquer la brutalité de la police. Qu’importe sa couleur politique ou la nature du régime qu’elle soutient, la police est, structurellement et historiquement, l’outil principal de la haine et de la violence étatique ; en quelques mots : le bras armé de l’État, garant et protecteur d’un ordre social, économique et politique profondément autoritaire et inégalitaire.

Alors, oui, il convient de dénoncer les meurtres et exactions de la police française. Nous partageons largement les attentes des familles de victimes, que ce soit celle d’Adama Traoré, Zineb Redoune,ou Rémy Fraisse et de bien d’autres, liste tristement trop longue pour la reproduire ici in extenso. Il convient d’exiger justice.

Mais nous ne pourrons pas, pour nous, anarchistes, nous arrêter là. Le racisme est la résultante d’une construction. Il est, depuis toujours, utilisé par les États, les Religions et les Traditions pour mieux renforcer le pouvoir de quelques uns au détriment du plus grand nombre. La construction du monde entre « eux » et « nous » n’est pas nouvelle, elle est la base de tous les identitarismes fermés et qui interdisent aux individus de se mélanger aux autres, d’être eux-mêmes et d’exister sans entrave.

Il n’y aura pas d’abolition du racisme sans destruction des frontières. Il ne peut advenir de changement si nous ne nous voyons pas comme une humanité unique et aux libertés identiques pour toutes et tous. Cet internationalisme fait peur aux possédants, eux qui ont construit leur puissance en grande partie sur la peur de l’autre, de l’étranger, du « pas comme nous ».

Le Capitalisme se sert d’ailleurs largement de ces peurs pour monter les groupes de travailleurs les uns contre les autres. Mais ne rêvons pas : abolir le Capitalisme ne suffira pas à détruire le racisme et la peur. Nous pouvons d’ailleurs dès maintenant commencer à le faire, sans attendre, en cessant d’accepter les clichés et stéréotypes que l’on tente de nous mettre dans la tête, en voyant l’autre comme un.e égal.e, en refusant l’instrumentalisation des différences physiques. En préférant la mélange à la pureté.

Nous devons aussi collectivement regarder l’Histoire en face, l’affronter et l’étudier, pour mieux démonter les scories qui perdurent à notre époque. Pleurer une statue sans comprendre ce qu’elle représente démontre la manque de connaissance des horreurs du passé.

L’urgence est à la justice, l’avenir à une société entièrement repensée.


Les relations extérieures de la Fédération Anarchiste


COVID de sens

Publié le par fabgrainedanar

Formée en sciences humaines et sociales, je suis aussi soignante depuis plus de 10 ans à l’hôpital public. Je suis, comme beaucoup de monde, révoltée par la situation actuelle et je trouve que, malgré le flux incessant « d’informations » liées au coronavirus, de nombreux points clefs sont évincés. Je vais donc rédiger ce texte sous forme de questions, en espérant qu’il  puisse contribuer à amener de nouvelles réflexions, libérer la parole et les échanges.

Je pense en effet qu’il est important que tout le monde soit informé et participe aux réflexions actuelles car elles nous concernent tous. Cette catastrophe sanitaire ne peut reposer uniquement sur des soignants qu’on applaudit et ne peut pas non plus être déléguée à des « têtes pensantes » autoproclamées ou élues.

Nous manquons de masques, de matériel et de moyens humains, nous le savons.

Quid du nombre d’infirmiers formés en réanimation ? Ils ne sont qu’une petite portion de l’ensemble des soignants, déjà en sous-effectif.

A l’hôpital, on nous dit qu’il faut désormais appliquer « une médecine de guerre » et que, malgré le manque de protection (manque de gants, de masques, de blouses, d’effectif dans les services de soins mais aussi de nettoyage, etc.), nous allons « devoir soigner ».  Soigner dans ces conditions, est-ce un devoir ?

Se pose aussi la question de la continuité des soins aux autres patients, ceux qui viennent pour d’autres urgences et ceux qui ont des affections de longues durées.  Comment peut-on actuellement assurer cette continuité ?

Cet engorgement des soins aurait pu être évité si des mesures au niveau gouvernemental puis hospitalier, avaient été prises dans les temps. Chacun pourra juger de l’amateurisme et de l’irresponsabilité de la gestion pandémique. Tout a été fait mondialement pour tenter de maintenir un semblant d’économie au détriment de la santé des gens, alors qu’en plus, c’est impossible. Ce qui montre bien que ce système malade est voué à s’effondrer. Malheureusement, il est peu probable que nous sortions indemnes de cet effondrement et un « état d’urgence » revenant sur nos acquis sociaux nous attend déjà. Va t-on encore accepter de se sacrifier?

Aujourd’hui, le grand débat sur la chloroquine a lieu, opposant notamment un « comité scientifique gouvernemental » qui nous a allègrement confirmé qu’il n’était pas risqué d’aller voter, à un professeur qui semble entrainer un nouveau culte de la personnalité. Débat montrant à quel point santé et politique sont liées (si nous en doutions encore) ; Malheureusement, ceci ne nous montre t-il pas aussi à quel point la glorification de l’héroïsme prime sur une gestion efficiente de notre santé ?

En attendant, les rétentions d’informations foisonnent, comme s’il y avait : le corps médical responsable et sachant d’un côté et la population de l’autre, irresponsable, et qu’il faudrait donc maintenir dans un état d’ignorance et de désinformation sur sa propre santé. Depuis les décisions de Veil et de Joannet dans les années 70 concernant le numerus clausus pour maintenir leurs privilèges, les médecins se font rares et donc précieux, ceci n’entrainerait-il pas un état de dépendance délétère de la population au corps médical ? 

Le corps médical est en concurrence directe avec les directions des hôpitaux qui elles, sans aucun savoir en santé, se sont octroyées le « management » (lean of course) de tout ce petit monde. Ce qui donne, en temps d’épidémie des ordres et des contre-ordres car chacun, direction d’un côté, quelques médecins de l’autre (et ajoutons un certain milieu scientifique), voudrait s’octroyer le mérite de la gestion épidémique. Résultat : une cacophonie de pseudo-dirigeants pour qui, donner des ordres et avoir l’autorité et la notoriété devient plus important que de s’organiser pour pouvoir soigner.

Les soignants et ceux qui travaillent dans les hôpitaux, au milieu de cette absurdité, sont souvent perdus et se raccrochent à leurs valeurs, ce qui est parfois à double tranchant. Car cette question, en l’absence d’un nombre suffisant de tests de dépistages n’est pas posée : Comment mesure t-on le degré bénéfice/risque entre soigner et risquer de contaminer ?

Les médecins ont été réquisitionnés au départ, pour faire des prélèvements oro-pharyngés, dans un effet d’annonce de stade 2 qui était en réalité  déjà un stade 3. Les médecins avaient peur car peu d’entre eux savent faire des soins techniques. Ils avaient peur aussi d’être contaminés. Certains ont décidé de se réunir pour faire « des réunions de crise », sans les soignants. Après ces réunions de crise, d’autres ont été imposées (alors que la consigne était désormais d’arrêter de se réunir) pour donner les directives qu’ils avaient réfléchi entre eux.

Est-il normal de nous dire qu’il n’est pas utile de porter un masque pour se protéger ? De maintenir à l’hôpital des activités de type consultations téléphoniques ? De continuer à voir, que les soignants soient symptomatiques ou non, des patients fragiles pour des consultations non urgentes ?

Rappelons le, les médecins ne soignent pas au sens propre, ils diagnostiquent et prescrivent, ils ne sont pas les supérieurs des autres professionnels. Ils sont sensés travailler en collaboration avec les équipes dans lesquelles chacun à un rôle (discutable, certes.) Cependant, le corps médical est devenu décideur dans notre société bien au delà du domaine de la santé, est-ce normal ? La société ne devrait-elle pas être décideuse de la manière dont elle est soignée et des moyens mis en œuvre pour ces soins ?

À l’heure actuelle, on demande aux assistantes sociales de rester à l’hôpital non pas pour des questions d’urgences sociales (qu’elles gèrent de toute façon comme elles peuvent depuis bien longtemps) mais pour vérifier que les hospitalisations actuelles seront bien payées ! Sans parler du sors des migrants, des précaires, des sdf,…

Quand un agent administratif est symptomatique, il est considéré comme « non soignant », donc on ne lui fait pas de test.

Tout cela est-il cohérent ?

Aujourd’hui, certains voudraient nous faire croire que cette panique des « soins » est normale car c’est « une crise imprévue ». Pourquoi n’avons-nous pas été préparés correctement à une gestion épidémique/pandémique ?

Cette gestion, elle est impossible à mener de manière satisfaisante au dernier moment, dans la panique et sans les moyens humains et matériels nécessaires après la casse de l’hôpital public et avec les soignants restants, épuisés par des mois de grève, de mobilisation et d’affaiblissement salarial. Cependant, comment pourrions-nous, dans l’état actuel des évènements,  amener une réflexion et une gestion collective en plus de la stratégie de confinement ? Stratégie de confinement nécessaire uniquement parce que la prévention n’est pas faite comme il se doit, par « manque de moyens ».

Nous subissons une culpabilisation et des prérogatives contradictoires. Ceux qui ne sont pas des héros mais juste forcés d’aller travailler ont peur. Ils savent qu’ils ne peuvent pas évoquer certains points en équipe, poser des questions légitimes.

Ils sont bien souvent obligés de se rendre en transports en commun sur leur lieu de travail. Encore une fois, on privilégie un maintien précaire de l’économie alors qu’on assiste, impuissant, à une montée en flèche des contagions. Plus de la moitié des gens en réanimation a moins de 60 ans (sans parler des autres, plus fragiles encore). Et nous n’avons pas atteint le pic des infections.

Peut-on vraiment être un héros qui risque de transmettre le virus à ses patients ? Et qui ne glorifie pas l’héroïsme, la guerre, le sacrifice ?

Dans les médias, c’est au corps médical, scientifique, judiciaire et gouvernemental qu’on donne la parole, à une certaine élite, pendant que les soignants sont dans le marasme ainsi que le reste de la population.

On nous annonce aujourd’hui une durée de confinement non déterminée mais arbitraire, qu’en sera t-il après le confinement ? Le principe de l’immunité de groupe va t-il devoir s’appliquer encore à notre détriment ?

Ne voyons-nous pas que tout ceci est plus un problème de manque de moyens réservé à notre santé qu’un problème de virus ?

Aujourd’hui, des services de communication des hôpitaux continuent eux aussi à fonctionner et en pleine crise, nous demandent de leur faire passer toutes les informations sur les initiatives de solidarité (dons à l’hôpital entre autre) et « systèmes D »  pour valoriser tout ça, Est-ce honnête ? Indispensable ? Ne pourrait-on pas considérer que nous contribuons déjà au fonctionnement de l’hôpital public ? Que cette situation n’est pas normale plutôt que de la valoriser ?

Jouer les héros, être dans le déni ne nous sauvera pas. Ne serait-il pas nécessaire de nous concerter sur des questions qui amèneraient plus de sens malgré ce qu’on nous fait vivre ? Ensuite il faudra nous battre contre les mesures prises sous l’état d’urgence qui va revenir sur tous nos acquis sociaux. Et nous battre aussi pour regagner de l’autonomie quant à la gestion de notre santé, une des clefs de voute de nos vies et de nos luttes. Alors rendez-vous en manifestation, dès que nous pourrons…

Clara


Dépassons la questions des retraites


Le 05 décembre 2019 et après, toutes et tous dans la rue !

publié le : 01-12-2019 par Secrétariat aux relations extérieures

La Fédération Anarchiste prendra part aux initiatives prévues contre la destruction des retraites (appelée réforme par le gouvernement) et invite toutes celles et tous ceux qui le souhaitent à faire de même. Bloquons l’économie !


Nous savons par ailleurs que même avec le sauvetage de la retraite par répartition, ce ne serait qu’une petite victoire ! C’est pour cela que nous appelons à construire quelque chose de plus ambitieux pour aller vers la mort du capitalisme, du salariat et du travail !


Vous trouverez un argumentaire dans ce fichier.


★ Appel à l’action : Solidarité avec Rojava – Contre l’invasion turque !

publié le : 10-10-2019 par Secrétariat aux relations internationales

 Un appel urgent d’un réseau d’organisations

 Le 6 octobre, l’administration Trump a annoncé qu’elle retirait les troupes américaines du nord de la Syrie, donnant essentiellement au président turc Recep Tayyip Erdo?an le feu vert pour envahir le Rojava, procéder au nettoyage ethnique et réorganiser de force la région. Nous appelons les populations du monde entier à s’engager dans des protestations et/ou des interventions auprès des consulats turcs, des bureaux du gouvernement américain, des fabricants d’armes et des entreprises liées au gouvernement turc, telles que Turkish Airlines.

Depuis 2012, la région autonome du Rojava est le lieu d’une expérience multiethnique enthousiasmante en matière d’autodétermination et d’autonomie des femmes, tout en combattant l’État islamique (ISIS). Après des années de lutte, malgré des pertes massives, les combattants de Rojava ont participé à la libération de tout le territoire occupé par l’ISIS et à la libération de ceux qui avaient été faits prisonniers dans les bastions de l’ISIS.

Pour tenter de justifier l’autorisation à la Turquie d’envahir la Syrie, Trump a tweeté que les contribuables américains ne devraient pas avoir à payer pour maintenir les combattants de l’ISIS en détention. En fait, les Etats-Unis n’ont pas payé un centime pour détenir les combattants ISIS capturés ; cela a été entièrement organisé par les Forces démocratiques syriennes (SDF). La réalité est que l’invasion turque du territoire kurde créera les conditions permettant à ISIS de réapparaître et de reprendre ses opérations en Syrie et dans le monde. Pendant des années, la Turquie a permis aux armes, aux recrues et aux ressources d’atteindre ISIS par ses frontières.

L’ISIS et l’invasion turque constituent une menace existentielle pour tous les groupes ethniques et religieux indigènes de la région, y compris les Arabes, les chrétiens (Arméniens, Assyriens, Chaldéens et Syriaques), les Turkmènes, les Tchétchènes, les Alevites, les Yazidis. Nombre de ces groupes ont pu se faire entendre pour la première fois, mais ils sont aujourd’hui victimes d’un massacre perpétré par les militaires turcs et les djihadistes.

L’invasion de Rojava par la Turquie crée un nouveau précédent en matière d’agression militaire, de nettoyage ethnique et de destruction des expériences égalitaires et féministes comme celle de Rojava. Elle prépare d’autres effusions de sang et l’oppression partout dans le monde, ouvrant la voie à des autocrates ethno-nationalistes comme Trump, Erdo?an, Bachar al-Assad, Jair Bolsonaro et Vladimir Poutine pour influencer la politique mondiale pour les générations à venir.

Depuis des mois, les habitants de Rojava appellent à la solidarité internationale en cas d’invasion. Nous devons attirer l’attention sur le sort du Rojava et faire savoir qu’il y aura des conséquences.

Se taire, c’est être complice.

Nous appelons toutes les personnes de conscience à s’engager dans les protestations et interventions dans les consulats turcs, les bureaux du gouvernement américain, les fabricants d’armes et les entreprises liées au gouvernement turc, telles que Turkish Airlines.

Le Comité de Solidarité Rojava Europe s’est joint aux organisateurs de Rojava pour appeler à une journée d’action le 12 octobre contre l’invasion turque ; nous soutenons cet appel et appelons à de nouvelles actions avant et après le 12 octobre.

Nous devons mettre en place un contexte propice à une action directe à grande échelle afin de construire un mouvement mondial qui puisse rendre de telles atrocités impossibles. Ensemble, nous pouvons arrêter l’invasion. On se retrouve dans la rue.

Signatures

Si votre organisation appuie cet appel, veuillez faire circuler ce texte et communiquer avec nous à coordination.for.rojava@protonmail.com pour vous inscrire.

Cette liste sera mise à jour régulièrement sur crimethinc.com et itsgoingdown.org.

  • Coordination for the Defense of Rojava
  • 1312 Press
  • Acid Communist League of Atlanta
  • Agency (www.anarchistagency.com/)
  • Horacio Almanza Alcalde
  • Angry Socialist Community – ASC (@AngrySocialists)
  • Anon Anarchist Action
  • Antifascists of the Seven Hills
  • Antifascistas Belo Horizonte – Brazil
  • Atlanta Antifascists
  • The Autonomous University of Political Education
  • The Base
  • Bay Area Mesopotamia Solidarity Committee
  • Black Rose Anarchist Federation – Los Angeles Local
  • Black Socialists of America
  • Bloomington Anarchist Black Cross
  • The Boiling Point Collective (http://facebook.com/pg/boilingpointkzoo/about/)
  • The Rev. Dr. Colin Bossen, Unitarian Universalist Minister, First Unitarian Universalist Church of Greater Houston
  • Breakaway Social Center
  • Cooperation Jackson
  • CrimethInc. Workers’ Collective
  • The Dandelion Network
  • Demand Utopia Seattle
  • Democratic Socialists of America – Communist Caucus
  • Denver Anarchist Black Cross
  • Ricardo Dominguez, Associate Professor, UCSD
  • Economics for Everyone – Olympia (facebook.com/EconomicsforEveryoneOly/)
  • Extinction Rebellion Seattle
  • The Fayer Collective
  • The Final Straw
  • Frontline Organization Working to End Racism (FLOWER)
  • Flyover Social Center
  • David Graeber
  • Hispagatos
  • The Holler Network
  • Industrial Workers of the World – Atlanta
  • Inhabit
  • It’s Going Down
  • Kali Akuno
  • Kasa Invisível Belo Horizonte – Brazil
  • Knoxville Anti-Fascist Action
  • The Lucy Parsons Center
  • Midwest Unrest (@MW_Unrest)
  • No Space for Hate Bloomington (https://nospace4hate.btown-in.org/)
  • Noumenon Distro
  • Olympia Solidarity Network (olyassembly.org/olysol/)
  • One People’s Project (idavox.com)
  • Pacific NorthWest Antifascist Workers Collective
  • Dr. Ian Alan Paul, Assistant Professor of Emerging Media at Stony Brook University
  • People’s Defense League – South Louisiana
  • PM Press (www.pmpress.org/)
  • rek2 (as individual)
  • Revolutionary Abolitionist Movement- Elm City
  • Revolutionary Abolitionist Movement – NYC
  • Revolutionary Organizing Against Racism (ROAR Collective)
  • The Right to the City – Timisoara, Romania
  • Rojava Montréal
  • Rojava Solidarity Colorado (@RojavaSoliCO)
  • Rojava Solidarity Portland (facebook.com/rojavasolidarityportland/)
  • Rojava Solidarity Seattle
  • Scuffletown Anti-Repression Committee
  • Seattle Rising Tide
  • Soflaexit (Soflaexit.com)
  • Solidarity Against Fascism East Bay (SAFEBay)
  • Sprout Distro
  • Tar Sands Blockade – Texas
  • The Teardown Community
  • Voices in Movement
  • A World Without Police
  • Youth Liberation Front (Portland, Seattle, Wisconsin, Carolina, Bay Area, Illinois)

Environ 400 personnes à Montluçon pour cette première journée de lutte contre la

réforme des retraites.

La majorité CGT, quelques Solidaires, des Insoumis et des anarchistes…



LE 24 SEPTEMBRE 2019, TOUS DANS LA RUE

Départ à 15h00 :
• Montluçon, place Jean Dormoy
• Moulins, place de la Liberté
• Vichy, place de La Poste


Comment Rouvikonas passa le Rubicon

Article extrait du Monde libertaire n°1808 de juillet/août 2019

Il y a quelques années en Grèce, tandis que le mouvement social affrontait les mercenaires de la Troïka, naissait à Athènes le collectif anarchiste Rouvikonas. Ses victoires sur des terrains perdus font de lui le symbole d’une nouvelle forme de résistance, dans un rapport de force immédiat avec le pouvoir, et donnent aux idées anarchistes une grande visibilité.

Comment Rouvikonas passa le Rubicon

Détestés par les présentateurs de journaux télévisés et adorés par une partie de la population, ils sont parfois considérés comme des « Robins des bois » du fait de la dimension spectaculaire de leurs actions en soutien aux opprimés. Ceci peut masquer le contenu idéologique, la stratégie politique et une pratique scrupuleuse à l’origine du rapport de force qu’ils imposent à l’État. C’est pourtant cet ensemble qui génère l’envergure et la pertinence de leur influence. Pour comprendre les mécanismes de leur efficacité, il est nécessaire de mettre en parallèle la généalogie du groupe avec son évolution idéologique.

Revenons d’abord sur la formation de Rouvikonas. Nous sommes à Athènes en 2013, trois ans se sont écoulés depuis la mise en place du premier plan d’austérité. Si la résistance ne faillit pas, elle se transforme. L’occupation des places entre juillet et août 2011, inspirée par les Indignados d’Espagne, a ouvert le champ des possibles au-delà des manifestations. Les occupants des places Thésée à Syntagma ont fini par décamper, mais leur passage a amplifié le désir de démocratie directe, d’autogestion et le refus des vieilles habitudes autoritaires. Les assemblées de quartier se multiplient et avec elles les lieux autogérés. Dans ce contexte, le mouvement anti-autoritaire pour la démocratie directe Alpha Kappa a le vent en poupe et participe activement à la diffusion de telles idées. Son activité politique plutôt non-violente, est tournée vers l’autogestion et la contre-culture.

De son côté, l’anarchisme est en première ligne de la contestation sociale mais progresse par étapes. D’une part, à cause de son manque d’ancrage historique. Rappelons rapidement qu’après son apparition en Grèce au milieu du XIXe, l’anarchisme connaît une période très creuse jusqu’à la dictature des colonels (1967-1974). Il émerge à nouveau dans les années 70, puis s’étend dans les années 80 et 90, avant de devenir important dans les années 2000 et de jouer un rôle majeur à partir des émeutes de 2008. Le manque d’organisation est une autre des difficultés entravant son impact. L’anarchisme est alors globalement atomisé en petits groupes autonomes ou purement affinitaires, agissant presque exclusivement dans le cadre des manifestations. Si une fédération finit par voir le jour, elle peine à unifier cette réalité en une résistance percutante, son action demeure donc relativement formelle (mise en réseau, diffusion d’information…).

Dans ce contexte, à partir de 2011, une poignée de camarades expérimentés ayant déjà lutté ensemble et parallèlement impliqués dans la formation d’une nouvelle Fédération anarchiste (qui verra le jour deux ans plus tard), s’organisent en réseau affinitaire autour d’un lieu, le K*Vox à Exarcheia. Au début, ils se concentrent sur l’aide aux prisonniers politiques et évoluent en groupe d’action directe anarchiste à partir de 2013. Le nom Rouvikonas fait allusion au Rubicon de la Rome antique, un fleuve dont la traversée était une déclaration de guerre. Rouvikonas s’écrit avec un P majuscule en alphabet grec, d’où le P dans une étoile noire comme emblème du groupe. Rouvikonas revendique par son nom une lutte totale et sans retour.

Les années passent et, début 2015, l’ascension puis l’arrivée au pouvoir de Syriza empoisonne progressivement la contestation sociale. Officiellement d’extrême-gauche, le parti capte la colère qui animait le désir de changement de la société et incarne l’échec de celle-ci à renverser le Pouvoir. Au bout de six mois La résignation produite par l’échec lamentable de Syriza appelle une nouvelle offensive de la résistance, plus agressive. De plus, les problématiques nouvelles révèlent les limites de l’organisation du collectif : le cadre de la manifestation restreint l’action, qui plus est dans un mouvement social qui faiblit. Le groupe s’en extrait et change de stratégie en élargissant sa lutte à l’ensemble des oppressions étatiques et conséquemment, le spectre de ses actions. Celles-ci, désormais mensuelles, répondent dans leur ensemble à un impératif : constituer un soutien concret aux plus précaires pour faire perdurer leur luttes qui semblait alors s’essouffler. De plus, ils communiquent systématiquement sur chacune de leur action, en laissant par exemple des tracts sur place expliquant leurs revendications ou en se filmant au moment des faits pour mettre en ligne la vidéo parfois moins d’une heure après l’attaque. Cette stratégie déjoue les éventuelles tentatives de récupération ainsi que la manipulation des médias contraints à partager les textes du groupe, première source d’information. Très vite, leur engagement passe difficilement inaperçu dans l’espace public. Nous sommes toujours en 2015 quand Rouvikonas pénètre dans Tiresias – l’administration qui recense les emprunteurs insolvables destinés à être saisis et expulsés de leur logement – et se met à détruire les fichiers sur lesquels figurent le nom des pestiférés.

La portée du collectif s’étend et de nouveaux paramètres viennent modifier son organisation. Nombre de personnes souhaitent rallier ce combat, dès lors la forme et la fréquence des actions peuvent être décuplées.

Ce qui pose deux impératifs : repenser la sécurité et l’idéologie du collectif. D’une part, la cohérence de l’auto-organisation prônée réside dans sa capacité à assurer son autodéfense et par là, sa durabilité. Ouvrir d’avantage le groupe et entreprendre des actions plus ambitieuses implique de minimiser les risques, tant dans les attaques que dans les manifestations. Il est nécessaire de restructurer le fonctionnement du collectif afin de protéger l’identité de ceux qui le rejoignent. D’autre part, cet afflux de nouveaux membres impose une clarification de l’idéologie de Rouvikonas qui reposait jusqu’alors sur des principes partagés plus ou moins implicitement par le groupe affinitaire d’origine. Les bases théoriques de ce qui est désormais une organisation doivent être redéfinis et explicités.

En 2017, le groupe s’élargit à une soixantaine de membres et les attaques mensuelles deviennent hebdomadaires. Ils sont désormais en mesure de mener des actions de portée locale comme internationale [note] [note] , incarnant la pluralité et l’efficacité de leur engagement. En juillet, suite à la mort d’épuisement au travail d’une employée au ramassage des ordures de la municipalité de Zografou (dans l’est d’Athènes), ils attaquent la Mairie de Zografou à coups de massue et de peinture et publient un communiqué très relayé dans la capitale. En septembre, les foudres du groupe s’abattent sur le notaire athénien Nikos Papatheou, spécialisé dans la saisie d’appartements. Six personnes cagoulées dévastent son étude, détruisant dossiers et ordinateurs. En septembre, le groupe attaque les bureaux de Turkish Airlines, groupe majoritairement possédé par l’État turc, en solidarité avec les opposants persécutés en Turquie, particulièrement deux enseignants en grève de la faim. En novembre 2017, Rouvikonas attaque l’ambassade d’Arabie Saoudite au nord d’Athènes. Ils s’en prennent au régime monarchiste saoudien et à la guerre qu’il mène au Yémen. En 2018, ils mènent une action en plein jour devant l’ambassade de France à Athènes. La façade est aspergée de peinture rouge sur toute leur longueur pour dénoncer la répression du mouvement social en France et les bombardements en Syrie.

Aujourd’hui composé d’une centaine de membres, le groupe Rouvikonas est en mesure de mener plusieurs attaques par semaine, parfois quotidiennement, et de s’engager dans de multiples lieux de solidarité, notamment à Exarcheia. Ils sont par exemple impliqués dans le centre social K*Vox, mettent à disposition un lieu accueillant un centre médical autogéré, et s’engagent dans l’ouverture et la défense de squats. En avril dernier, le lendemain d’une vague d’expulsion de bâtiments squattés (notamment ceux dans lesquels vivent des réfugiés), ils attaquent le Ministère de la Culture, propriétaire d’un des immeubles évacués. Désormais auteurs de plusieurs centaines d’actions, leur développement et leur influence va de pair avec celle de leur idéologie.

L’évolution théorique de Rouvikonas est indissociable de celle de l’anarchisme en Grèce, ce qui a donné naissance à une nouvelle Fédération (qui entretient de bons rapports avec la première). Tout d’abord marqué par l’internationale situationniste, l’insurrectionnalisme et l’autonomie, le mouvement anarchiste a réussi à supplanter le stalinisme hérité de la guerre civile (1946-1949) qui a longtemps été en première ligne des luttes en Grèce. Parmi toutes les figures de l’histoire de l’anarchisme, celle qui marque le plus les esprits au sein de Rouvikonas est sans doute celle de Makhno.

Les influences du groupe affinitaire à ses débuts étaient celles qui façonnaient alors l’anarchisme en Grèce. Mais en 2015, l’essoufflement des manifestations couplé à l’élargissement de Rouvikonas amène des réalités nouvelles, impliquant questionnement et réorientation du collectif pour y correspondre. Cette évolution révèle un de ses principes majeurs : être en adéquation avec leur contexte. A ce sujet, un membre du groupe souligne « Si nous étions en Chine, nous serions sans doute anarcho-syndicalistes ». Réexaminer constamment leur stratégie organisationnelle leur permet d’adhérer à leur propre mouvement évolutif comme à celui de la réalité sociale. L’innovation tant théorique que pratique motive leur croissance : il s’agit d’inventer. Pour ce faire, le groupe opère une analyse méticuleuse de l’histoire de l’anarchisme et son corpus : « Nous nous sommes concentrés sur les meilleurs moyens de lutter, en recherchant les plus optimisés, novateurs et efficaces (…) tout ce que l’histoire des lutte sociales a apporté ». Ainsi, le groupe ne se définit pas selon les catégories traditionnelles de l’anarchisme, mais résulte d’une volonté de les dépasser dans un contexte bouleversé. Le même membre de Rouvikonas déclare à peine ironiquement : « Nous pensons que l’anarchisme a besoin de nouvelles déclinaisons ». Pour y parvenir, leur stratégie se fonde sur l’expérimentation théorique et pratique, vouée à se modifier en fonction du contexte. Une critique que l’on pourrait qualifier d’hyperbolique a façonné l’idéologie du groupe, en ne conservant du passé que ce qui semblait correspondre le mieux au contexte de la Grèce, aux objectifs de Rouvikonas et aux moyens dont il disposait.

Rouvikonas ne prétend pas avoir trouvé la formule définitive et généralisable ailleurs. Au contraire, le groupe s’oppose au sectarisme de la plupart des organisations communistes en Grèce, auquel il préfère l’ouverture propice à la confrontation des opinions et aux richesses qui en émanent. Cette approche politique lui permet de tirer profit des différences entre ses membres et de s’associer avec d’autres groupes notamment au sein de la nouvelle Fédération (Anarchiki Omospodia). Ils rejettent également l’élitisme de l’avant-garde éclairée léniniste et à l’origine politicienne de la Révolution. Pour Rouvikonas, le soulèvement viendra de la base sociale, non des organisations politiques. S’il est essentiel qu’elles y participent, elles n’en seront pas l’origine. Une autre membre du groupe précise : « Nous ne voulons pas de Révolution politique ». Néanmoins, ils sont partisans de l’action : s’ils orientent leur engagement selon le contexte, celui-ci est permanent. Le collectif n’attend pas que les conditions idéales soient réunies pour agir. La pluralité de la lutte appelle sa constance, indépendamment du cadre des manifestations : la récurrence des attaques, la mise en place de lieux autogérés, solidaires, sont tout aussi indispensables à l’émancipation sociale. En choisissant de ne pas agir uniquement dans un moment révolutionnaire, mais d’opérer sur un terrain plus vaste, plus complet et de manière plus approfondi, Rouvikonas refuse de réduire son anarchisme à l’insurrectionnalisme.

Initialement, Rouvikonas était presque exclusivement engagé auprès des prisonniers politiques, ce qui l’a un peu éloigné des autres combats de la base sociale. Il n’était alors pas en mesure d’être une structure émancipatrice en appui à la diversité des opprimés. Les choses ont bien changé. Dans une liste non exhaustive, notons : la lutte contre : la précarité, l’exploitation, la corruption, la bureaucratie, le fascisme, l’homophobie, la transphobie, le sexisme, le racisme, la xénophobie ; et plus globalement les affres du capitalisme. Ainsi, dans une perspective plus ouverte, les objectifs du collectif vont désormais dans le sens de « la construction d’une autre façon de vivre ensemble, dans une société libérée des rapports de domination et d’exploitation » [note] .

Cette démarche d’ouverture émane de l’évidente nécessité de la solidarité. Suivant cette logique, le groupe affiche clairement sa position internationaliste : « Pour les anarchistes, il n’y a pas de frontières dans la lutte comme il n’y en aura pas dans le monde de demain. C’est une seule et même voie : celle de l’émancipation individuelle et sociale. Le pouvoir qui se dresse en face de nous n’est pas seulement national, mais aussi international » précise un membre du groupe. C’est grâce aux liens entre les camarades du monde entier que Rouvikonas continue de lutter, d’évoluer, en étendant toujours davantage son influence. En effet, la résistance percutante que le groupe représente est proportionnelle à la répression qu’il subit. Menacé dans son ensemble par 200 000 euros d’amende, deux de ses membres ont récemment été condamnés à payer chacun 30 000 euros de caution de garantie dans un délai de deux semaines pour éviter la prison [note] [note] . Mais une mobilisation internationale exceptionnelle à déjoué cet écrasement financier, défaite qui atteste qu’en nous associant, nous mutualisons savoirs et pratiques pour surmonter la répression. Les oppressions n’ont pas de frontières et si les luttes n’en ont pas non plus, elles forment une résistance globale effective et offensive. Ainsi, les actions de soutien aux résistances libertaires à l’étranger prennent une place importante dans leur combat, en témoigne par exemple leur présence à Raqqa en 2017.

Suivant cette position, Rouvikonas est désormais officiellement membre de la nouvelle Fédération en Grèce, ce qui lui permet d’amplifier son action et sa réflexion en réseau avec d’autres collectifs. Si les liens se tissent au-delà des éventuelles différences théoriques (considérées comme un enrichissement potentiel), elles ne sont néanmoins pas ignorées. Quand Rouvikonas travaille avec d’autres groupes, cette association est définie précisément. D’une part, les collectifs doivent partager certains fondamentaux : être anti-autoritaire dans sa lutte comme dans son fonctionnement, organisé horizontalement et ne pas se fermer absolument à la société, de sorte à pouvoir soutenir les opprimés. Les limites de cette coopération sont par ailleurs clairement établies au préalable. Les points de convergences et de divergences théoriques sont explicités de sorte à définir collectivement jusqu’où les groupes peuvent s’associer et ainsi minimiser d’éventuels conflits. En interne, le groupe fonctionne de manière analogue. Son unité est fondée sur le partage de principes et d’objectifs. Notons principalement : le refus de l’État et du Pouvoir, un but révolutionnaire et non réformiste et le projet commun de la construction d’une société auto-organisée et autogérée, sans élite ni parti ni avant-garde éclairée. S’ils sont radicaux concernant ces fondamentaux, ils n’en demeurent pas moins fermement opposés au sectarisme et sont ainsi en mesure de faire coexister les éventuelles différences politiques des membres.
Cette culture du lien et de la critique va de pair avec l’importance que Rouvikonas accorde à la communication. Il se dit influencé, entre autres, par l’expérience de Narodniki : le développement de ces collectivités autonomes dans la Russie du XIXe a été nourri par la circulation des idées entre les groupes et dans l’opinion publique. A Athènes, la récurrence et la pluralité des réunions horizontales entre les différentes strates du collectif, ainsi que les assemblées avec d’autres organisations concrétisent un espace de dialogue riche et fertile. Dans la même démarche, la communication avec l’opinion publique est au nombre de leurs impératifs. Les actions sont systématiquement expliquées via des tracts laissés sur place ou des communiqués accompagnés de vidéos postées sur internet. Ils vont également tracter dans la rue et organisent des réunions ouvertes à tous, indiquées sur leur page Facebook qu’ils ont choisi de créer et de rebâtir à chaque fois qu’elle a été supprimée par les modérateurs de la firme. Par ailleurs Rouvikonas pratique fréquemment une véritable guerre de communication contre la désinformation et les propos outranciers de certaines cibles passées quand celles-ci refusent de reconnaître les raisons pour lesquelles elles ont été attaquées. Cette stratégie ancre dans l’espace public la possibilité d’une société autonome.

La permanence de la lutte répond à un autre de leur positionnement : la désacralisation de l’État et du Pouvoir. Pour s’en émanciper, Rouvikonas prône et incarne l’action : « Il n’y a pas d’action ratée, de petite action, le problème c’est l’inaction » déclare un des membres. Attaquer la société oppressive et en construire une autre est un argument irréfutable contre le mensonge de notre impuissance. Pour mener ces combats, ils reprennent les flambeaux de l’action directe, la propagande par le fait et l’entraide.. Omniprésente, la lutte est à mener constamment, sur tous les fronts, au-delà d’un « contexte révolutionnaire ». Comme le souligne un autre membre du groupe « Il ne faut surtout pas que l’État t’attende, qu’il sache ce que tu vas faire ». Pour le collectif anarchiste du centre d’Athènes, le terrain de la résistance est celui des limites du Léviathan. En jouant avec elles, il les révèle, les ridiculise et les repousse. Le groupe à toujours été vigilant à ne pas dépasser la frontière entre la qualification juridique de délit et de crime, ce qui lui permet de résister à la répression et d’assurer sa pérennité. L’organisation de Rouvikonas n’est donc pas forcément un modèle à exporter, à reproduire, mais une source de réflexion et d’inspiration pour continuer à inventer nos propres formes de luttes, adaptées à nos nécessités : »S’il n’y a pas de solution, c’est que tu ne l’as pas encore créée. » rappelle un des membres fondateurs.
Suite à la victoire de la droite aux élections du 7 juillet à Athènes, le quartier anarchiste [note] et Rouvikonas sont plus que jamais dans la ligne de mire de l’État. Kyriakos Mitsotakis, le nouveau Premier ministre, a annoncé sa volonté de « nettoyer Exarcheia avant la rentrée » et « d’en finir avec Rouvikonas ». Depuis des mois, une répression sans précédent s’abat sur cette zone et ses collectifs, suivie quotidiennement par une émission en prime time aux informations officielles. Cette situation annonce la violence de la lutte à venir, dans les prochaines semaines, en même temps qu’elle témoigne de la réalité du rapport de force avec le Pouvoir construit par le mouvement anti-autoritaire dans lequel s’inscrit Rouvikonas. En prônant l’action contre l’attentisme, l’horizontalité contre la hiérarchie, la solidarité et l’ouverture contre le sectarisme, ce groupe incarne la possible défaite de la société oppressive et la victoire d’une nouvelle, enfin émancipatrice. Un anarchisme à nouveau en première ligne.

Ophelia Phos

1) Plus de détails sur les actions de Rouvikonas : https://secoursrouge.org/Rouvikonas-Lutte-repression-resistance-15013
2) Présentation vidéo de Rouvikonas en dix minutes, « Rouvikonas, des anarchistes en première ligne » (extrait du film « L’Amour et la Révolution » de Yannis Youlountas) : https://www.youtube.com/watch?v=342ZzVVCm70
3) Entretien avec Spyros Dapergolas, membre de Rouvikonas :
http://blogyy.net/2019/06/05/entretien-avec-spyros-dapergolas-de-rouvikonas/
4) Répression de Rouvikonas :

Giorgos Kalaïtzidis, increvable anarchiste, bientôt embastillé par Tsipras

5) Ce dépôt de garantie est à triple usage : il permet d’une part d’éviter la prison préventive, de payer en partie une amende potentielle, et de financer les « jours amendes » (prix d’une journée en prison) qui reviennent à 10 euros par jour.
6) Sur le quartier rebelle d’Athènes, aussi surnommé « quartier anarchiste » : « Exarcheia la noire, au cœur de la Grèce qui résiste » de Maud et Yannis Youlountas aux Éditions Libertaires.


Par le Comité de soutien contre l’extradition de Vicenzo en Italie • le 13 août 2019

Vicenzo ne doit pas être livré à l’ajustice italienne

On a reçu le texte suivant. Informations toutes fraiches : RASSEMBLEMENT PACIFIQUE MERCREDI 14 AOUT À 11H, À RENNES, DEVANT LE PARLEMENT DE BRETAGNE . Il est déconseillé (par ses 2 avocates) d’apporter des banderoles qui risqueraient de desservir Vicenzo

Comité de soutien contre l’extradition de Vicenzo en Italie

Les faits
Jeudi 8 Août, Vincenzo qui vit à Rochefort en Terre (Morbihan) depuis 8 ans, sans aucune histoire et complètement intégré à la vie locale, est arrêté par la police. Son arrestation a lieu sous mandat d’arrêt européen. Il est emmené au centre de détention de Vézin le Coquet, pour une procédure d’extradition.

L’origine des faits :

Vincenzo a participé tout d’abord en 2001 à Gênes à la manifestation contre le G8 et en second lieu en 2006 à Milan à une manifestation antifasciste non autorisée.
Ce sont ces 2 faits qui lui sont reprochés par la justice italienne.
De nombreux militants avaient été arrêtés à Gênes et une quinzaine de personnes avaient été condamnées à des peines lourdes (8 à 15 ans fermes) sous le chef d’inculpation officielle de « Dévastation et saccage ». Vincenzo en faisait partie. Devant cette inculpation injuste et disproportionnée, il décide d’échapper à la prison et arrive alors à Rochefort en terre.


Un comité de soutien pourquoi ?
Pour de multiples raisons :

Parce qu’avant tout Vincenzo est notre ami, notre voisin, notre camarade.

1/ La légitimité de la condamnation à 2 niveaux :

– Par rapport à la manifestation de Gênes, la répression policière a été condamnée par différentes instances internationales, dont l’une des dernières en 2015 par la Cour Européenne des droits de l’homme. L’Italie a été condamnée pour n’avoir jamais poursuivi en justice, ni même identifié, les auteurs de violences policières contre des militants altermondialistes, en marge du sommet du G8 à Gênes en 2001. Des mauvais traitements pourtant assimilables à des « actes de torture » selon la CEDH. Ce qui bien évidemment peut questionner la légitimité du jugement.

– Le chef d’accusation sur lequel est basé le jugement « Dévastation et saccage », considéré comme un crime contre l’ordre public. Ce crime a été introduit par le code Rocco de 1930 (donc en période fascisante) et est encore en vigueur aujourd’hui pour réprimer les révoltes de rue. Ce code permet de condamner à des peines de prison de 8 à 15 ans, sans avoir à prouver la culpabilité des inculpés. Il est suffisant de se trouver à un endroit où a lieu le désordre… Le contexte de création de ce chef d’inculpation questionne là-encore la légitimité de cette condamnation.

2/ Le caractère éminemment politique de cette arrestation et extradition. En effet, l’extrême droite participe de plus en plus fortement au gouvernement italien. Vincenzo ayant été fortement engagé dans la lutte antifasciste, et les accusations prononcées contre lui étant liées à des actions antifascistes, il semble plus qu’évident qu’il servira d’exemple dans cette affaire.

Un comité de soutien pour quoi faire concrètement :

Notre 1er objectif est d’empêcher l’extradition et de retarder la procédure afin de donner le temps pour assurer une vraie défense.
Nous espérons qu’il reste en France et ne soit pas « livré » à la justice italienne.
Si vous voulez vous joindre ou soutenir, différents moyens possibles :
– Vous informer sur les actions en cours via le site :
Site internet : http://www.comite-soutien-vincenzo.org



Au lendemain du 1 er mai, un compagnon anarchiste a été violemment attaqué
à coups de couteau au siège du Monde Libertaire, de Radio Libertaire,
et des Editions du Monde Libertaire dans la librairie Publico (Paris XI ème ).
Une enquête pour tentative de meurtre est en cours.


Cette librairie est clairement identifiée comme un lieu culturel anarchiste. C’est un
endroit où l’on peut trouver des ouvrages, des écrits, de la presse, des musiques, des
films différents et engagés. Ce lieu permet aussi des rencontres, des expressions, des
projets libres, alternatifs. En somme un espace militant au service des luttes sociales, un
porte-voix autant national qu’international de l’expression du mouvement libertaire et au
delà.


Ce lieu ouvert enrichit la pensée, l’expression, la diffusion, la communication des
valeurs pour l’émancipation, pour la dignité humaine, l’information libre, réelle et partagée.


C’est dans un contexte de violences publiques contre la liberté d’expression, un
contexte de lutte et de mise en lumière plus forte des idées libertaires et de résistance à
toute forme de soumission et d’obscurantisme, que cet acte odieux s’est produit.


C’est en faisant face ensemble pour affirmer notre présence et nos valeurs que nous
les ferons progresser, dans le respect de notre diversité mais dans l’unité face à ceux qui
veulent nous faire taire.


«La liberté est toujours la liberté de penser autrement.»
Rosa Luxemburg


Plus que jamais conscients de cette absolue nécessité, nous manifestons notre
soutien et notre solidarité avec la librairie Publico et le compagnon agressé.


Le chemin vers la Liberté ne nous autorise pas à renoncer.


————————–


Premières signataires (Organisations, Collectifs, Groupes, Individus) :

La Fédération Anarchiste
Alternative Libertaire
ATTAC France
la CGA – Coordination des Groupes Anarchistes
Le collectif GERA – Grupo Erva Rebelde Anarquista de Porto
Le Comité de Vigilance Antifasciste 66
La Coopérative Politique Ecologie sociale
C.S.A. A Gralha (Portugal)
Émancipation
Fédération des C.I.R.C – Collectifs d’Information et de Recherche Cannabique
Gr. libertaire Jules Durand
L’Association internationale de la Libre Pensée
La Fédération Nationale de la Libre Pensée
La Fédération des Comités Syndicalistes Révolutionnaires CSR
Malik Salemkour, Pt de la Ligue des Droits de l’Homme
Nouveau parti anticapitaliste – NPA
L’Organisation Anarchiste
Union Antifasciste Toulousaine – UAT
L’Union Pacifiste
La Horde
Les animateurs et animatrices de Radio Libertaire
Respublica
La Révolution prolétarienne – revue
Voce Libertaria – périodique anarchiste, Suisse Italienne
Radical Education Department (USA)
La Confédération Nationale du Travail CNT
L’Union Départementale CGT de Paris
L’Union Syndicale Solidaires
Yves VEYRIER – SG de la Conf. CGT FORCE OUVRIERE
Atelier de création libertaire, Lyon
Les compas de l’Atelier libertaire de La Havane
Circolo « Carlo Vanza » – Bibli. Anar. Bellinzona, Suisse
Les Culottés du Bocal
Éditions syndicalistes
Genepi
Hobo Diffusion
Nada éditions
Les Editions Libertaires
Editions Libertalia
Les Éditions de La Pigne
Quilombo – la librairie
Rue des Cascades – Maisons d’Editions
Clémentine Autain, députée La France insoumise
Olivier Besancenot, NPA
Philippe Aubert de Molay – scénariste
Didier Bonneton – syndicaliste bourg en bresse 01
Judith Butler – philosophe, University of California,
Berkeley, USA
Dominique Cabrera – cinéaste
Christophe Chiclet – historien, journaliste, membre du
Comité de rédaction de Confluences Méditerranée
Monica Cerutti Giorgi – Bellinzona, Suisse Italienne
Philippe Corcuff – politiste, IEP de Lyon
Eric B. Coulaud – Ephéméride Anarchiste et Cartoliste
Didier DAENINCKX – écrivain
Jean-Marc Delpech – historien
Josiane et Didier DETTORI-CABOT – Pts enf. de Giovanni
Antioco DETTORI Anarchiste Sarde Mort à Teruel 1937 (Brigade DURRUTI)
Francis Dupuis-Déri – science politique, Université du
Québec à Montréal, Canada
Nicolas Eprendre – réalisateur documentariste
Didier Eribon – philosophe
David Graeber – anthropologue, London School of
Economics, Grande-Bretagne
Jean-Jacques GANDINI – VP et coordonnateur Légal Team
section Montpellier
Philippe GUILLONNEAU – syndicaliste
Samuel Hayat – politiste, CNRS
Pierre Khalfa – économiste
Geoffroy Lagasnerie – philosophe et sociologue
Sandra Laugier – philosophe, Université Paris 1
Pierre Lemaitre – écrivain
Yves Letort — Auteur
Edouard Louis – écrivain
Valérie lotti – LP63
Michael Löwy – sociologue, CNRS
Roger Martelli – directeur de la publication du journal
Regards
Lilian Mathieu – sociologue, CNRS
Michel Mathurin – Réalisateur
Gérard Mordillat – écrivain, cinéaste
Michel Onfray – philosophe
Jacques Pater – acteur
Irène Pereira – philosophe et sociologue
Philippe Poutou – ouvrier syndicaliste et NPA
Ernest Pignon-Ernest – artiste
Jérôme Prieur – Ecrivain, cinéaste
Tancrède Ramonet – réalisateur
Gabriel Rockhill – philosophe, Villanova University, USA
Stéphane Sangral -philosophe et écrivain
James C. Scott – anthropologue, Yale University, USA
Pierre-Yves Ruff – Écrivain, éditeur et conférencier Théolib,
Jesse S. Cohn – professeur, département d’anglais,
Purdue University Northwest, USA
Azelma Sigaux – écrivain
François Vantrou – assistant réalisateur
Yannis YOULOUNTAS – réalisateur


COMMUNIQUÉ DE LA FÉDÉRATION ANARCHISTE

« Agression au sein de la librairie Publico.

Un compagnon anarchiste a été violemment agressé à coup de couteau dans la librairie Publico ce jaudi 2 mai après-midi. A priori, rien ne montre qu’il était visé spécifiquement mais plutôt l’organisation qu’il représente, nous, anarchistes au sein de la Fédération Anarchiste.

Nous ne nous laisserons pas impunément menacer, intimider ou violenter. Nous continuerons à porter, haut et clair, nos messages politiques, qui sans doute dérangent en ces temps de lutte. Nous continuons le combat contre cette société qu’on nous impose.

Solidarité avec notre compagnon. Solidarité avec Publico.

Vive l’anarchie !

Fédération Anarchiste, le 2 mai 2019 à Paris »

La liaison Étoile Noire (03) de la FA apporte son soutien à notre compagnon, ainsi qu’à tous les anarchistes.

Nous ne nous laisserons pas enfermer dans la peur, bien au contraire…


Réflexions sur l’antifascisme radical par un prolo.

Il me vient dans ma caboche souvent cette question: « C’est quoi être anti-fasciste et radical? ».

Il est vrai qu’il y a tellement de mouvements, groupes, se réclamant de l’antifascisme que l’on ne sait plus trop quoi penser.

Je pense que l’on doit se poser la question suivante: «Pourquoi le ventre de la bête immonde est toujours fécond?»

La société capitaliste, qui jette de plus en plus de millions de salarié(e)s au chômage et donc vers la misère, enfante par sa gestion, au profit d’une minorité, cette bête qui amène avec elle des idées d’un autre âge.

En effet il est plus facile de s’en prendre à l’immigré(e), au chômeur, que de s’en prendre aux causes réelles de l’état de délabrement de cette société, et aux groupes capitalistes.

La réflexion, n’est pas forcément simple, car il faut s’informer, et pour cela, lire des livres, des articles de presse…

Essayer de se forger une opinion critique qui va à l’encontre des idées majoritaires par ces temps de confusions où le moindre mensonge et repris en cœur sans aucune vérification, là c’est encore moins simple.
Cela demande de s’engager intellectuellement au sens noble du terme, et physiquement.

Nager à contre-courant de cette société capitaliste demande d’être en forme, la lutte de classe et un sport de combat.

Je pense qu’un antifascisme radical, ne peut être coupé du combat contre le capitalisme.

Combat pour le féminisme, contre l’homophobie, le nationalisme de droite comme de gauche, le racisme…Par exemple, l’union nationale contre le RN, le «faire barrage au RN», qui va de la droite au PCF ne fait que renforcer le RN, ses idées nauséabondes et maintenir le système capitaliste, qui crée les conditions d’une société sécuritaire tout en supprimant nos libertés.

Il suffit de voir ce qu’a donné l’état d’urgence, prémisse d’une société néo-fasciste, sous couvert de démocratie et de lutte contre le terrorisme…Qui aujourd’hui est inscrit dans la constitution.

Populations sous surveillance, plus particulièrement les:
syndicalistes, anarchistes, authentiques révolutionnaires, jeunes qui contestent le système…

Je pense qu’il faut donc lutter contre toutes les causes qui contribuent à la fascisation de notre société et font qu’il y ai une écoute aux idées de la bête immonde, qui nous sont servies par la droite et par la gauche dans son ensemble, transmis à longueur d’antenne par les me(r)dias type BFM TV et autres chiens de garde du système.

Vous qui êtes tenté par les idées fascisantes, n’oubliez pas que les Le Pen et consorts, défendent le système capitaliste qui vous enfonce chaque jour un peu plus dans la misère, d’autant plus qu’eux-mêmes sont de grosses pourritures de capitaliste et donc défendent UNIQUEMENT les intérêts de leur classe, la classe CAPITALISTE.

Pour un anti-fascisme radical, il faut créer des réseaux d’échanges et se préparer à la défense de la classe ouvrière mondiale par tous les moyens, ici et ailleurs…

À notre classe de voir quels seront ces moyens.

Tout ça, sur une base anti-capitaliste et sans concessions aucune envers les réformistes.

Tout ça, sur une base anti-capitaliste et sans concessions aucune envers les réformistes.

« Nous pensons que, lorsqu’elle est auto-organisée et autonome, la lutte antifasciste n’est pas qu’une lutte de résistance, mais une lutte émancipatrice, parce que nous nous donnons les moyens de résister au climat de peur que veulent instaurer les groupes d’extrême droite, et parce que nous proposons des alternatives en actes aux fausses solutions du discours nationaliste et raciste. » La Horde


Le silence des autres

Lien permanent : https://monde-libertaire.net/index.php?articlen=3831

Un portrait « au présent » des victimes du franquisme

Le 15 octobre 1977, le Congrès des députés a approuvé une loi d’amnistie, qui a abouti à la libération des prisonniers politiques du régime franquiste. Sous prétexte que la réconciliation entre les Espagnols était impossible autrement, la même loi protégeait les bourreaux du régime, qui non seulement sont restés impunis, mais ont également occupé des postes de pouvoir et de responsabilité pendant la période démocratique.
Plus de quarante ans après la fin officielle de la dictature de Franco, le devoir de mémoire n’est toujours pas reconnu en Espagne et les victimes de l’une des dictatures les plus longues d’Europe sont toujours méprisés dans leur volonté légitime de faire le deuil de leurs parents disparus. Depuis le début des années 2000 de nombreuses victimes de la dictature et leurs familles, ainsi que les associations de défense de mémoire se sont battus pour l’abrogation de la loi d’amnistie afin d’exiger justice.
Almudena Carracedo et Robert Bahar, les réalisateurs se sont intéressés à la lutte de ces victimes lorsqu’ils ont appris l’intention des associations de mémoire de dénoncer certains tortionnaires du régime de Franco. Alors que la loi d’amnistie les en empêchait en Espagne et que les tentatives du juge Baltasar Garzón d’ouvrir un procès devant l’Audiencia Nacional ont mis fin à sa carrière judiciaire. Il s’agit des conséquences du « pacte de l’oubli » voté le 15 octobre 1977 par le Congrès des députés. Contrairement aux autres pays sortis de régimes dictatoriaux comme le Chili, l’Argentine, le Cambodge, le Rwanda, en Espagne il n’y a eu ni procès de Nuremberg, ni Commissions de vérité et de réconciliation, ni jugement des coupables.
Après bien des revers, l’occasion se présenta de se rendre en Argentine, où la juge María Servini reçut les plaignants et commença à écouter leurs témoignages. C’est alors que la « plainte argentine » a été déposée.
L’enjeu était de taille, ce film documentaire a été réalisé de manière indépendante et avec beaucoup acharnement durant plus de six années. Le silence des autres constitue un véritable jalon pour l’exercice du deuil pour les familles, en donnant à connaître au niveau international une histoire méconnue du grand public. L’histoire d’une dictature qui a duré plusieurs décennies et que l’on a admis dans le concert des nations lorsque les dirigeants du monde entier, De Gaulle, Eishenower, le pape, l’ONU et toutes les grandes institutions ont officialisé la « bonne entente » avec le régime de Franco.
Le film donne ainsi à entendre une mémoire méconnue en réalisant un véritable équilibre entre les images d’archives, les témoignages des survivants de la dictature, le travail d’instruction de la juge et des prises de vue sur la contemporanéité de la dictature quand elle s’inscrit dans le paysage urbain à travers notamment des noms de rue.
Les réalisateurs ont accompagné les victimes pendant tout ce temps sur une route pleine d’obstacles, avec l’opposition du gouvernement de Mariano Rajoy, qui torpillait constamment le processus et en diverses occasions le discréditant. Les déclarations du nouveau président de son parti, le Parti populaire, Pablo Casado, furent alors immondes :  » Ce sont des vieux chnoques ! Ils parlent toute la journée de la guerre du grand-père, des fosses communes et de je ne sais quoi, avec la mémoire historique… »
Les témoignages se rejoignent au même rythme que l’émotion s’empare de cette histoire. De toutes les choses que l’on peut dire du Silence des autres, celle qui définirait le mieux le film est l’émotion profonde qu’il provoque au fur et à mesure que l’histoire progresse et que nous découvrons la disparition de certains de ses protagonistes. Mais, s’agissant d’un processus judiciaire et politique encore ouvert, il nous reste la sensation de découvrir une histoire encore inachevée.
Les proches de plus de 100 000 personnes encore enterrées dans des fosses communes, victimes de tortures réclamant justice ou les mères de bébés volés cherchent encore la vérité. Pour compenser cela, les réalisateurs se tournent vers les histoires individuelles d’Asunción Mendieta, María Martín ou Chato Galante, les principaux témoins du documentaire. Ils ont permis à l’équipe du film de les accompagner afin de nous montrer les lieux où ils avaient été torturés ou en nous emmenant sur les charniers où leurs parents sont enterrés. Il est impossible de ne pas se laisser emporter par la colère et l’émotion en les écoutant.
Ce documentaire d’une grande qualité cinématographique est subtil, émouvant, il invite à une réflexion profonde sur la légitimité d’une monarchie espagnole qui a reçu son pouvoir des mains d’un dictateur s’apprêtant à mourir. Il provoque aujourd’hui, depuis sa sortie en Espagne en décembre dernier, un véritable bouleversement des consciences en permettant de remettre au c?ur des préoccupations des Espagnols la question des atteintes aux droits de l’homme sous le régime dictatorial du général Franco.

Le silence des autres a été primé au Festival de Berlin 2018 en recevant le prix de la paix et le prix du public. En 2019, il est nominé aux Goya, l’équivalent des César français et des Oscars américains.
Il sortira à Paris 13 février.


COMMUNIQUE DE PRESSE Violences d’État contre les femmes Le 8 mars 2019 à Bordeaux

Lien permanent : https://monde-libertaire.net/index.php?articlen=3911 A l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, plus de 800 manifestantes ont repris les rues de Bordeaux, lors d’une manifestation de nuit non mixte, à l’appel du Collectif 8 mars Gironde.

Nombreuses et déterminées, elles ont occupé le centre-ville de Bordeaux au rythme de la batucada, des slogans et des chants féministes : « Nous sommes fortes, nous sommes fières », « Solidarité avec les femmes du monde entier », « Ras le viol » étaient des slogans qui revenaient régulièrement pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles et les féminicides.

Mais la manifestation pacifique a dû faire face à une répression policière démesurée.

Sur le cours Victor Hugo, à 21h45, alors que le cortège manifestait depuis 1h30 de manière pacifique, un camion de police est arrivé à l’arrière du cortège et trois policiers ont extrait de manière musclée l’une des manifestantes à la stupéfaction générale. La police a alors lancé une grenade de désencerclement avant de faire usage de bombes à poivre et de lacrymogène pour repousser les manifestantes. Des personnes autour ont perdu leur capacité d’audition pendant plusieurs heures. Une manifestante est sévèrement blessée aux pieds par la grenade de désencerclement.

Les policiers, indifférents aux conséquences de l’usage de cette arme, ont alors pointé longuement leurs lanceurs de balle de défense (LBD) sur les manifestantes, déjà en état de choc.

Après le départ de la police, la militante blessée a été prise en charge par les pompiers qui l’ont transférée à l’hôpital, d’où elle est sortie à 1h du matin.

Vers 22h15, place du Parlement, il est décidé de continuer jusqu’à l’hôtel de Police pour protester et demander la libération de la jeune femme interpellée. A l’arrivée à 23h30 à l’hôtel de Police, suite à nos protestations, la manifestante arrêtée est relâchée mais sera auditionnée lundi 11 mars prochain.

A minuit, alors que le cortège se dirige vers le parvis des « droits des femmes » pour la fin de la manifestation, une dizaine de policiers casqués avec bouclier et plusieurs chiens agressifs leur bloquent le passage et les forcent ainsi à continuer à marcher vers la place de la République où a lieu finalement la dispersion de la manifestation.

Un peu plus tard, trois personnes quittant la manifestation sont interpellées et arrêtées sans raison devant le Musée d’Aquitaine alors qu’elles marchaient tranquillement sur le trottoir.

A ce moment-là, le dispositif policier est disproportionné. On compte au moins trois voitures banalisées, une voiture de police et huit policiers cagoulés, habillés en civil, armés de LBD et de chiens qu’ils excitent volontairement et envoient au contact des femmes à plusieurs reprises. Les arrestations sont très violentes. Les trois personnes interpellées sont placées en garde-à-vue et relâchées seulement le lendemain à 19h.

Ces interventions ont-elles eu lieu sur ordre du Préfet en ce jour de lutte internationale pour les droits des femmes ?

Le symbole est fort : des femmes se retrouvent en danger dans la rue, du fait des violences policières, parce qu’elles ont osé manifester pour le droit à occuper la rue de nuit, à ne plus être agressées, harcelées, violées…

Alors que le gouvernement met en avant la lutte contre les violences faites aux femmes (cf. grand débat à Pessac avec M. Macron et Mme Schiappa le 28 février), c’est aux violences policières que les Bordelaises ont été confrontées en ce 8 mars 2019.

Nous exigeons l’abandon de poursuites injustifiées contre les femmes interpellées.
Nous exigeons que les responsables de ces violences institutionnelles soient dénoncés et jugés.

Nous affirmons notre solidarité envers l’ensemble des victimes de la répression policière et de la violence d’État.

Nous appelons les journalistes à relayer ces témoignages afin de mettre en évidence le décalage entre cette mobilisation pacifique des femmes et la répression violente dont elle a fait l’objet.

Nous ne cèderons pas à ces intimidations.

Nous ne nous tairons pas et continuerons les luttes pour les droits des femmes et contre toutes les violences sexistes.


Le Collectif 8 mars Gironde